Une ligne d’encens en poudre peut indiquer le temps écoulé. Dans un jōkōban (常香盤), cette ligne suit un tracé replié et compact sur un lit de cendre. Lorsqu’une extrémité est allumée, le point incandescent suit le parcours assez lentement pour que l’on puisse en lire la progression. L’encens est le combustible ; le motif permet de suivre sa combustion.
Nous nous sommes procuré le numéro 29 de Rekishikan Dayori (歴史館だより), le bulletin du musée d’histoire locale de Minato, directement au musée. Son article principal, rédigé par l’un des conservateurs du musée, s’intitule Kaori de toki o shiru, « Lire le temps grâce au parfum », et porte sur un exemplaire conservé : un jōkōban du temple Jissōji, dans l’arrondissement de Minato, à Tokyo.
Qu’est-ce que le jōkōban de Jissōji ?
La ville de Minato répertorie l’objet sous le nom de « Jōkōban (horloge à encens) associé à la famille Matsudaira d’Aizu ». Il appartient à Jissōji et a été désigné bien culturel municipal, dans la catégorie des sources historiques, le 27 octobre 2009. Il n’est pas accessible au public. Selon la notice de la ville, le récipient aurait été offert à Jissōji sous le patronage de la famille Matsudaira d’Aizu. Notice du patrimoine culturel de Minato.
L’expression « horloge à encens » décrit l’un de ses usages. Dans un temple, le jōkōban est d’abord un récipient permettant de faire brûler de l’encens pendant une longue durée ; c’est la possibilité de mesurer cette combustion qui en fait aussi un instrument de mesure du temps.
Comment l’encens marquait le temps
La surface de travail est constituée de cendre. Un moule y imprime un sillon continu et anguleux, que l’on remplit d’encens en poudre, ou makkō (抹香). Une fois allumé à une extrémité, l’encens se consume en suivant les détours du tracé. La partie consumée montre le chemin déjà parcouru par la combustion ; le reste indique celui qui lui reste à suivre.
Le Seiko Museum Ginza classe les horloges à encens parmi les horloges à combustion, aux côtés des horloges à bougie et à lampe à huile. Comme l’encens brûle à une vitesse presque régulière, la longueur consumée permet de lire le temps écoulé. C’est une manière de suivre une durée, et non un cadran qui indique simplement l’heure.
La notice de Minato ajoute une seconde méthode. Des encens aux parfums différents pouvaient être disposés à intervalles réguliers le long du parcours ; un changement de parfum signalait alors le passage du temps. Cette idée donne son titre à l’article du bulletin. Elle ne montre pas que le récipient de Jissōji était toujours utilisé de cette façon.
Pourquoi la préparation compte
Le bulletin montre le récipient et présente des photographies de sa préparation : la cendre est nivelée, un moule y est pressé, puis de l’encens en poudre est ajouté dans le sillon. Ces photographies permettent de mieux comprendre le tracé replié qu’une simple vue du récipient fermé. Avant que la combustion puisse marquer le temps, il fallait préparer la cendre, y imprimer le parcours, ajouter l’encens et allumer une extrémité.
Un porte-encens pour bâtonnets ou un brûle-encens pour cônes est conçu pour le format d’encens indiqué. Un jōkōban utilise un lit de cendre préparé et une ligne continue d’encens en poudre. La différence tient à la surface de travail, et non à la taille ou à la forme du récipient. Si vous utilisez un brûle-encens contemporain en céramique, suivez les instructions de son fabricant plutôt que d’essayer d’y recréer une horloge historique. Pour l’usage quotidien et le nettoyage, consultez notre guide d’entretien des brûle-encens et porte-encens japonais.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un jōkōban ?
Un jōkōban (常香盤) est un récipient japonais permettant de faire brûler de l’encens en poudre pendant une longue durée. Un sillon est imprimé dans un lit de cendre, puis rempli d’encens que l’on allume à une extrémité. Comme le point incandescent progresse à un rythme assez régulier le long du tracé, la longueur consumée permet de lire le temps écoulé. C’est pourquoi on parle aussi d’horloge à encens.
Une horloge à encens pouvait-elle indiquer le temps par l’odeur ?
Oui. La notice du patrimoine culturel de Minato indique que des encens aux parfums différents pouvaient être disposés à intervalles réguliers le long du tracé, de sorte qu’un changement de parfum marquait le passage du temps. C’était l’une des méthodes possibles ; la notice ne dit pas que tous les jōkōban, ni celui de Jissōji, étaient utilisés de cette façon.
Peut-on voir l’horloge à encens de Jissōji ?
Pas sur place à l’heure actuelle. La ville de Minato répertorie le jōkōban de Jissōji comme un bien culturel désigné qui n’est pas accessible au public. Le bulletin du musée d’histoire locale de Minato, Rekishikan Dayori n° 29 (18 septembre 2026), le décrit et l’illustre.
Rédigé à Tokyo par la rédaction de ZenKiln. Sources : Rekishikan Dayori n° 29 (musée d’histoire locale de Minato, 18 septembre 2026), notice du patrimoine culturel de Minato et Seiko Museum Ginza. Illustration de couverture de ZenKiln ; elle ne représente pas l’objet de Jissōji. Découvrez nos porte-encens.


