Chinkin : les décors d’or gravés dans la laque de Wajima

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Illustration conceptuelle d’un trait d’or dans une incision de laque noire, avec un encart en coupe simplifiée ; il ne s’agit pas de la photographie d’un objet de Wajima.

Un décor chinkin peut se dessiner en fines lignes gravées ou se composer de champs de points minuscules. L’or se loge dans ces entailles, au sein d’une surface laquée. Le nom chinkin (沈金), « or enfoncé », décrit la place du métal dans cette technique décorative étroitement associée à Wajima.

Cet article de notre série sur la laque urushi prolonge ceux consacrés au Wajima-nuri et au maki-e par un examen de la gravure et de la dorure.

Qu’est-ce que le chinkin ?

L’artisan grave des lignes ou des points dans la laque durcie, fait pénétrer de l’urushi frais dans les creux, puis applique de la feuille ou de la poudre d’or. Une fois le surplus retiré, le métal reste dans le motif. Sa position en creux ne rend pas le décor insensible à l’usure.

Illustration pédagogique simplifiée d’un burin gravant un sillon étroit dans une surface de laque sombre durcie ; schéma de principe, pas une photographie d’atelier.
Schéma de principe d’un burin creusant un sillon dans de la laque durcie. Il explique le rapport entre l’outil et la surface ; il ne documente pas un atelier de Wajima.

Du qiangjin au chinkin : l’arrivée de l’or gravé au Japon

Le qiangjin chinois (戧金), ou laque à décor d’or gravé, a précédé le chinkin japonais. Des exemples réalisés sous les dynasties Song et Yuan ont été importés au Japon, où ils étaient collectionnés à l’époque de Muromachi (1336–1573).

Les ateliers japonais ont développé leurs propres décors gravés. À Wajima, durant l’époque d’Edo, le chinkin est devenu une spécialité établie aux côtés du maki-e, au sein d’un artisanat de la laque organisé en plusieurs étapes spécialisées.

Les étapes du chinkin : graver, appliquer la laque et dorer

Les petits burins, appelés chinkin-nomi, présentent différents profils de lame pour tracer des lignes et des points. Voici une séquence courante :

  1. Transfert du dessin. Le motif est dessiné sur papier puis reporté légèrement sur la surface de laque polie.
  2. Gravure. Le suji-bori produit des lignes continues ; le ten-bori crée des valeurs à l’aide de points. L’angle et la forme de la lame modifient la trace.
  3. Application de la laque. L’urushi frais est travaillé dans les entailles, puis le surplus est essuyé sur la surface environnante.
  4. Ajout du métal. La feuille ou la poudre d’or adhère à la laque dans le motif. D’autres métaux et pigments peuvent aussi être employés selon la finition recherchée.
  5. Finition. Après le durcissement et le retrait du surplus, les lignes et les points décorés demeurent dans la surface.
Schéma de principe en trois volets montrant un sillon dans la laque, la laque travaillée dans l’entaille et l’or qui y reste ; illustration pédagogique simplifiée, pas une séquence d’atelier documentée.
Schéma simplifié montrant la ligne gravée, la laque introduite dans l’entaille et l’or qui y demeure. La séquence est illustrative et ne documente pas le travail d’un atelier.

Mae Taihō, reconnu Trésor national vivant pour le chinkin, a développé la gravure par points pour créer des valeurs et suggérer le volume. Des points rapprochés pouvaient représenter des pelages et des plumes, ainsi que les contours des formes.

Ce qui distingue le chinkin du maki-e

Le chinkin commence par une gravure dans la laque durcie. Dans le maki-e, le dessin est tracé à la laque, puis reçoit une poudre métallique saupoudrée. Certains décors maki-e sont en relief ; le travail togidashi peut être poli au niveau de la surface. Les deux techniques produisent des lignes et des textures variées et peuvent se retrouver sur un même objet.

Schéma simplifié du chinkin montrant de l’or maintenu dans une incision tapissée de laque, sous le niveau de la surface laquée environnante.
Coupe explicative simplifiée, sans échelle et ne représentant pas un objet réel documenté.

Consultez l’étude du maki-e pour découvrir ses différentes méthodes. La porcelaine kinrande offre une autre tradition de décor à l’or, avec des matériaux et des procédés distincts.

Le chinkin à Wajima

Wajima est particulièrement associée au chinkin, bien que la gravure soit aussi pratiquée dans d’autres régions de la laque. Notre étude du Tsugaru-nuri présente une autre façon de créer des surfaces à motifs.

Le Wajima-nuri associe un support en bois, des couches de fond et des finitions laquées avant la décoration. La présentation du chinkin par la préfecture d’Ishikawa décrit cette technique et son développement au sein de cet artisanat.

Le séisme de Noto de janvier 2024 a endommagé les ateliers et les rues historiques de Wajima. Ces pertes font partie du contexte dans lequel comprendre la communauté artisanale de la ville et ses œuvres documentées.

L’or ailleurs dans la collection

Pour découvrir un autre emploi des accents dorés, les pièces en céramique et en verre suivantes offrent des comparaisons visuelles. Ce ne sont pas des exemples de chinkin ; leurs fiches produits décrivent leurs matériaux et décors respectifs.

Pour d’autres porcelaines décorées provenant de la même région que les deux tasses d’Arita, parcourez la collection Céramiques d’Arita et de Hasami.

Questions fréquentes

Le chinkin est-il la même chose que le kintsugi ?

Le kintsugi répare les céramiques cassées ; le chinkin grave un décor dans une surface laquée préparée. Ils peuvent partager des matériaux tels que l’urushi et l’or, mais répondent à des objectifs différents. Notre guide du kintsugi explique les méthodes de réparation et leurs limites.

Comment distinguer un chinkin gravé à la main d’une imitation imprimée ?

Observez de près les lignes et les points gravés pour comprendre la surface, mais ne considérez ni les reflets ni de petites irrégularités comme un test d’authenticité. Demandez le nom du fabricant, une description du procédé et des documents à l’appui. Les photographies seules ne permettent pas toujours de distinguer les techniques imprimées, gravées ou mixtes.

Comment entretenir un objet laqué à décor chinkin ?

Pour une pièce de vaisselle lavable, suivez les consignes du fabricant : un lavage délicat à la main, à l’eau tiède et avec un chiffon doux, puis un séchage rapide. Évitez le trempage, les abrasifs, le lave-vaisselle et le micro-ondes, sauf autorisation explicite. L’or en creux et la laque qui l’entoure restent susceptibles d’être endommagés. Consultez le guide d’entretien de l’urushi.

Source : la présentation du chinkin par la préfecture d’Ishikawa, citée ci-dessus. Les pièces anciennes, endommagées ou uniquement décoratives nécessitent une évaluation avant tout usage alimentaire.

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