Lucie Rie au musée Teien : formes, émaux et exposition de 2026

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Panneau de l’exposition Lucie Rie à l’entrée Art déco du musée Teien de Tokyo.

Les boutons en céramique de Lucie Rie offrent un aperçu, à petite échelle, de ses recherches sur la terre et les émaux. Ils relient aussi sa céramique au travail qui lui a permis de vivre à Londres pendant la guerre. En complément de notre guide de l’exposition de 2026 au musée Teien, cet article explore ces objets et le cadre de l’exposition à partir de recherches publiées par les musées.

Rie (1902–1995) s’est formée et a établi son activité de céramiste à Vienne avant que l’antisémitisme ne la contraigne à s’exiler à Londres en 1938. La biographie de Kettle’s Yard présente sa vie et son œuvre. L’exposition du Teien réunissait des pièces de collections japonaises, dont la collection Iuchi, aux côtés d’œuvres de Josef Hoffmann, Bernard Leach, Hans Coper et Hamada Shōji.

Des céramiques dans une résidence Art déco

Le bâtiment principal du musée a été achevé en 1933 pour servir de résidence au prince Asaka. Le verre de René Lalique et les décors d’Henri Rapin font partie de ses intérieurs Art déco, marqués par le séjour du prince dans le Paris des années 1920. Le prince et la princesse ont visité l’exposition de 1925 dont le terme Art déco a ensuite tiré son nom.

Le musée établissait un lien entre Rie et la maison à travers les arts décoratifs de l’Europe des années 1920. La présentation de l’exposition proposait un dialogue entre ses récipients aux lignes sobres et les salles richement décorées. Ce cadre invite à se poser une question devant les photographies publiées : comment les motifs et les proportions environnants influencent-ils la perception d’une forme céramique ?

Lettrage du titre de l’exposition sur la porte vitrée de la salle d’attente Art déco du musée Teien à Tokyo.
Le titre de l’exposition sur la porte vitrée de la salle d’attente de l’ancienne résidence du prince Asaka.

De Vienne à Londres, en passant par un bouton

Le travail pour la mode a contribué à faire vivre Rie tandis qu’elle reconstruisait son activité à Londres. Les boutons lui ont permis d’explorer de petites formes et leurs surfaces, tout en continuant à produire des poteries, comme le rapporte la biographie du V&A.

Hans Coper a rejoint l’atelier en 1946, d’abord pour aider à la fabrication des boutons, avant de devenir un collaborateur durable. Les boutons de Rie ont ensuite attiré l’attention d’Issey Miyake, qui a utilisé des exemples datant de la guerre dans une collection de 1989.

L’histoire des boutons publiée par le V&A distingue Bimini, l’entreprise viennoise de Fritz Lampl, de son activité londonienne, Orplid. Rie a travaillé sur des boutons en verre pour Orplid avant de développer ses propres boutons en grès à Albion Mews.

Comment observer un récipient de Lucie Rie

Devant un récipient de Rie, comparez sa silhouette avec sa surface vue de près. Les lignes incisées, la couleur incrustée et la texture de l’émail peuvent modifier la perception d’une forme tournée apparemment simple.

Le sgraffito consiste à gratter une couche de surface pour révéler une couleur contrastante. L’incrustation remplit une zone incisée avec un matériau contrastant. Sur les récipients de Rie, ces méthodes côtoient le manganèse sombre, le bronze métallique, les surfaces piquetées et les fines lignes roses. Suivez la manière dont une ligne traverse la courbe plutôt que de regarder le motif isolément.

Le V&A documente des boutons en grès datant d’environ 1940–1945. Leur matière rappelle l’importance de consulter la notice de chaque objet, plutôt que d’attribuer toute la production d’une période à une seule pâte. Notre guide du grès et de la porcelaine explique ces termes.

Rie aux côtés de Leach et de Coper

L’expérience de Bernard Leach au Japon et son association avec Hamada Shōji faisaient partie du monde plus large de la céramique d’atelier que Rie a découvert. Leach est rentré en Angleterre avec Hamada en 1920 pour fonder la poterie de St Ives. Leur travail éclaire l’exploration des liens avec le Japon proposée par l’exposition.

Le travail de Rie s’est développé indépendamment de l’esthétique de Leach. L’exposition rapprochait les céramiques à engobe de Leach, les formes cycladiques de Coper et les récipients de Rie. Comparez les proportions du pied, du corps et du bord, puis le rapport entre le décor et la forme sous-jacente.

Dates de l’exposition et utilisation des images

L’étape tokyoïte s’est achevée le 13 septembre 2026. La page officielle de l’exposition en conserve le programme et les images. L’autorisation de consulter ou de prendre une photographie ne vaut pas autorisation de la reproduire à des fins commerciales.

Le dépliant de l’exposition Lucie Rie et le Junior Guide tenus devant le jardin du musée Teien à Tokyo.
Le dépliant de l’exposition et le Junior Guide, avec le jardin du musée à l’arrière-plan.

Le musée annonce une présentation ultérieure à l’Abeno Harukas Art Museum d’Osaka, du 26 décembre 2026 au 7 mars 2027. Vérifiez les dates et les informations pratiques de ce lieu avant de vous déplacer.

Comparer d’autres surfaces céramiques

Pour observer différentes approches de la surface dans les objets du quotidien, comparez un bol à matcha de Kutani, un vase en porcelaine à coulures d’émail et un soliflore de Shigaraki aux lignes peignées. Ce sont des œuvres distinctes, réalisées par les fabricants indiqués. La sélection pour les amateurs de thé et la collection Tasses et verres donnent les détails des produits.

Sources : les pages du musée Teien, du V&A et de Kettle’s Yard citées ci-dessus. Article source mis à jour le 13 septembre 2026, après l’exposition de Tokyo. Ce texte examine des documents publiés et ne constitue pas le compte rendu d’une visite de ZenKiln.

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