Chūsen : la teinture par versement des tenugui et yukata

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Travail au pochoir sur textile avec une spatule en bois ; le versement de la teinture est une étape distincte.

Dans le chūsen (注染), la teinture est versée à travers des couches de tissu plié à l’aide d’un récipient à long bec. Une pâte de réserve définit le motif avant la teinture. Suivre ces étapes aide à comprendre les zones blanches, les motifs colorés et les dégradés. Notre article sur le HMJ 2026 donne un contexte plus large sur les salons d’artisanat.

Qu’est-ce que le chūsen ?

Le chūsen est une méthode de teinture dans laquelle le colorant traverse des couches pliées de tissu enduit d’une pâte de réserve. Le pochoir sert à appliquer la pâte et est retiré avant la teinture. Le colorant est appliqué des deux côtés de la pile, produisant une couleur visible sur les deux faces du tissu.

Honzome (本染) est souvent traduit par « vraie teinture », en référence à la pénétration du colorant dans les fibres. Fiez-vous à la description du procédé par le fabricant pour identifier un textile ; un bord irrégulier ne suffit pas à établir un travail à la main. Le guide du washi suit la fabrication d’un autre matériau.

Des teintureries d’Edo aux yukata de l’ère Meiji

L’histoire publiée par la coopérative industrielle Kantō Chūsen distingue deux évolutions : les premiers procédés de teinture par versement des teinturiers à l’indigo d’Edo, et la technique moderne du chūsen développée à Osaka pendant l’ère Meiji, puis introduite à Tokyo. Le récit de la coopérative d’Osaka explique cette évolution ultérieure. Les deux font partie de cette histoire.

À Edo, les tenugui circulaient comme présents de salutation, souvenirs ou créations commandées par des artistes de scène et des boutiques. Le chūsen a ensuite servi aussi aux étoffes de yukata, devenant associé aux textiles d’été de Tokyo. Notre guide des objets d’été explore d’autres choix saisonniers.

Comment fabrique-t-on un tenugui chūsen ?

La séquence associe un travail manuel spécialisé à des équipements de préparation, d’aspiration, de lavage et de finition. En voici les grandes lignes :

  1. Pochoir. Le motif est découpé dans un papier traité, souvent du shibugami durci au tanin de kaki. Des ponts ou une fine maille soutiennent les parties isolées du dessin.
  2. Préparation du tissu. Le coton est décrué et blanchi, selon un procédé appelé wazarashi (和晒), puis préparé pour une teinture uniforme.
  3. Application de la réserve au pochoir, katatsuke (型付け). Une spatule étale la pâte de réserve à travers le pochoir encadré sur le tissu. Le pochoir est soulevé, le tissu replié et l’application répétée. Les recettes de pâte varient : la coopérative de Tokyo décrit des mélanges d’algues et d’argile ainsi que des pâtes à base de riz. La sciure aide à empêcher les couches enduites de coller entre elles.
  4. Teinture par versement. Le tissu plié et enduit est placé sur une table de teinture. Le colorant est versé avec un récipient à long bec (yakan), tandis qu’une aspiration par-dessous le fait traverser les couches. La pile est retournée et teinte par l’autre côté.
  5. Rinçage, mizumoto (水元). La pâte de réserve et le surplus de teinture sont éliminés à grande eau, faisant apparaître le motif fini.
  6. Séchage. Après lavage et essorage, le tissu est suspendu sur des supports pour sécher à l’air avant le contrôle et la finition.
Une spatule appliquant de la pâte à travers un pochoir textile encadré.
Application de la réserve au pochoir : une spatule étale la pâte à travers un motif découpé. La teinture par versement intervient après le retrait du pochoir.

Bokashi, sashiwake, Hosokawa : la couleur à la main

L’isshoku-zome emploie une seule couleur. Dans le sashiwake-zome, des cloisons de pâte de réserve séparent les zones destinées à différents colorants. Le bokashi-zome fond les couleurs en dégradés, tandis que le Hosokawa-zome procède par teintures superposées ou répétées. Des outils tels qu’un bâton de guidage (tsuki-bō) aident à diriger l’écoulement.

Un dégradé maîtrisé fait partie du motif voulu. De petites variations peuvent survenir, mais les taches ou les bavures incontrôlées ne sont pas automatiquement des signes souhaitables de travail manuel.

Tissu bleu marine à motifs circulaires clairs présenté verticalement
Tissu bleu marine à motifs circulaires clairs.

Le chūsen aujourd’hui

Le Tokyo Honzome Chūsen a reçu la désignation nationale d’artisanat traditionnel le 26 octobre 2023. La coopérative industrielle Kantō Chūsen, fondée en 1951, représente la production de Tokyo, Gunma et Tochigi. Lisez les critères de l’artisanat reconnu en parallèle de la présentation de l’atelier concerné.

Les ateliers continuent à fabriquer des tenugui, des yukata et d’autres textiles. Leurs photographies de procédés et leurs démonstrations peuvent montrer le lien entre application de la réserve, versement et lavage.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un tenugui chūsen et un tenugui imprimé ?

Le chūsen fait traverser le tissu par le colorant et teint la pile des deux côtés. Les méthodes d’impression varient : la couleur au revers ou un contour adouci ne constitue donc pas, à lui seul, un test fiable. Demandez au fabricant une description du procédé.

Un tenugui chūsen est-il vraiment identique sur les deux faces ?

Les deux faces sont colorées, mais le texte et les motifs orientés apparaissent inversés sur l’autre face. De légères différences de couleur peuvent aussi exister.

Comment entretenir un tissu teint par chūsen ?

Suivez l’étiquette du fabricant. Les pièces neuves peuvent dégorger : un lavage séparé à l’eau froide est donc souvent conseillé au début. Évitez les agents de blanchiment non autorisés, le trempage prolongé et le soleil direct intense ; séchez selon les consignes. Un tissu ou un colorant particulier peut exiger un entretien différent.

Sources : la coopérative industrielle Kantō Chūsen, la coopérative Osaka Orisen et Traditional Crafts Aoyama Square. Cet article est un guide documenté du procédé.

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