La céramique de Hasami (波佐見焼, Hasami-yaki) est une tradition de porcelaine centrée sur la préfecture de Nagasaki. Son histoire comprend la production à grande échelle de bols du quotidien et de bouteilles destinées à l’exportation. Cet héritage pratique reste une part importante de son attrait, aux côtés des créations contemporaines.
À propos des images : les formes historiques et les comparaisons régionales de ce guide sont des illustrations éditoriales, et non des objets historiques documentés ou des photographies d’un atelier précis. La photographie d’un produit du catalogue est identifiée séparément dans sa légende.
Où la céramique de Hasami est-elle fabriquée ?
Hasami se situe dans la préfecture de Nagasaki, près de la frontière avec Saga, sur l’île de Kyushu. La zone de production officiellement reconnue comprend les bourgs de Hasami, Kawatana et Higashisonogi.
Le quartier de Nakaoyama conserve des cheminées de briques, des ruelles étroites et les vestiges d’un four grimpant d’environ 160 mètres de long, présenté par la préfecture de Nagasaki comme l’un des plus grands au monde. Ses dimensions aident à comprendre l’histoire de la production de masse dans cette ville.
La porcelaine de Hasami a reçu une désignation nationale d’artisanat traditionnel le 6 février 1978. Le cahier des charges autorise la pierre à porcelaine d’Amakusa ou de Mimata et comprend la porcelaine blanche à décor au cobalt sous couverte. La production contemporaine va au-delà des décors bleu et blanc.
Une ville de fours au service des tables du quotidien
L’industrie céramique de la région s’est développée à la fin du XVIe siècle avec des potiers coréens amenés au Japon pendant les invasions de Hideyoshi. Des fours grimpants ont été établis sur des sites tels que Hatanohara, sous l’autorité du domaine d’Ōmura.
Les premières productions étaient des poteries ; la porcelaine a suivi au début de l’époque Edo, lorsque de la pierre adaptée est devenue disponible. Deux produits montrent la diversité de ses marchés :
Les bols kurawanka sont associés à la nourriture et aux boissons vendues aux voyageurs sur la rivière Yodo. La ville de Hirakata décrit les barques des vendeurs s’approchant des bateaux de passagers, tandis que les vendeurs proposaient à la criée du saké et de la nourriture. Ces bols robustes et abordables ont contribué à faire entrer la porcelaine dans la vie quotidienne.
Les konpura-bin, ou bouteilles compra, étaient des flacons en porcelaine utilisés pour exporter du saké et de la sauce soja par Dejima, à Nagasaki. Ils voyageaient jusqu’aux Pays-Bas et en Asie du Sud-Est.

Hasami est devenu un grand producteur à l’époque Edo et demeure un centre important de production de vaisselle. Pour découvrir une autre grande région de production, consultez notre guide de la céramique de Mino.
De quoi la céramique de Hasami est-elle faite ?
La pierre à porcelaine d’Amakusa est l’une des principales matières utilisées ; celle de Mimata est également autorisée par le cahier des charges de l’artisanat traditionnel. La composition de la pâte et la cuisson influencent sa blancheur et sa translucidité ; l’apparence seule ne permet pas d’établir l’origine de la pierre.
Une séquence typique commence par une cuisson de biscuit à environ 900 °C. Des pigments sous couverte, notamment le bleu de cobalt et le brun de fer, sont appliqués avant la couverte transparente et une cuisson à plus haute température, autour de 1 300 °C. Les émaux sur couverte ou l’or nécessitent une cuisson ultérieure à plus basse température, souvent autour de 700–800 °C. Les cycles précis varient selon les matières et les ateliers.

Le cobalt sous couverte est protégé par cette dernière, ce qui le rend bien adapté à la vaisselle. Cette protection ne garantit pas que le décor ou la couverte ne puisse jamais s’user ou être endommagé. Suivez les consignes d’entretien de chaque pièce, en particulier en présence d’émaux supplémentaires ou de décors métalliques.
Hasami, Arita ou Mikawachi ?
Hasami, Arita et Mikawachi sont des centres céramiques voisins, de part et d’autre de la frontière entre Nagasaki et Saga. Leurs matières et leurs techniques se recoupent : l’apparence seule ne permet donc souvent pas d’établir le lieu de production. Chacun a produit une gamme d’objets plus large que ne le laisse entendre une simple distinction entre vaisselle quotidienne et pièces de luxe.
- Hasami est particulièrement associé à la vaisselle abordable, comme les bols kurawanka, ainsi qu’aux bouteilles d’exportation.
- Arita approvisionnait les marchés intérieur et extérieur. Imari était un port d’expédition régional ; le commerce avec l’étranger passait par Nagasaki. Les modes liées à l’exportation ont contribué à façonner les styles, sans constituer l’unique finalité de la production d’Arita. Notre guide de la céramique d’Arita retrace cette histoire.
- Mikawachi s’est développé comme atelier officiel du domaine de Hirado, produisant de la porcelaine destinée aux tributs et aux cadeaux. Il a également été associé à la pierre d’Amakusa.

La porcelaine de Hasami a historiquement circulé sous le nom d’Arita. Pour un achat contemporain, recherchez un fabricant nommé et un lieu de production indiqué. Une catégorie de catalogue commune Arita–Hasami regroupe des traditions voisines ; elle ne permet pas d’établir où un objet précis a été fabriqué.
Que vérifier avant d’acheter ?
Hasami désignant une région de production plutôt qu’un style visuel unique, les indices utiles concernent l’objet lui-même.
- Vérifiez d’abord la matière indiquée. La blancheur et la translucidité peuvent fournir des indices, mais une porcelaine épaisse peut être opaque. Le poids, la chaleur au toucher et une sonorité claire ne permettent pas d’identifier avec fiabilité une pièce de Hasami, ni d’exclure cette origine. Notre guide pour distinguer le grès japonais de la porcelaine explique ces limites.
- Observez le décor et la couverte sous un bon éclairage. Du bleu sous une couverte transparente est compatible avec un décor sous couverte, mais la couleur et la texture de surface seules ne permettent pas d’établir la technique exacte ou le lieu de production.
- Comparez les finitions au sein d’un ensemble. De petites différences peuvent être séduisantes, mais les variations seules ne prouvent pas que les pièces sont peintes à la main. Demandez au fabricant ou au vendeur comment elles ont été façonnées et décorées.
- Recherchez un fabricant identifié par une documentation et un lieu de production indiqué. Notre guide pour distinguer la poterie japonaise faite à la main de la production en usine explique pourquoi l’apparence seule ne permet pas d’établir le procédé.
- Vérifiez l’entretien de chaque pièce. Utilisez le micro-ondes ou le lave-vaisselle uniquement si le fabricant autorise cet usage. Les décors métalliques demandent une attention particulière ; la porcelaine et un décor bleu et blanc ne suffisent pas à établir la compatibilité avec ces appareils.

Pour situer Hasami dans un contexte plus large, consultez notre panorama des régions potières du Japon.
La céramique de Hasami dans le catalogue ZenKiln
Les exemples ci-dessous présentent des formes et des décors différents. Leurs fiches produits fournissent les caractéristiques et l’attribution actuelles ; un nom de collection commun ne doit pas remplacer l’identification du fabricant ou du lieu de production de chaque pièce.

- Bol à facettes Arita Hasami, arabesques sometsuke bleu et blanc, 14 cm : un bol à facettes orné d’arabesques bleues. Consultez la fiche pour connaître la matière, la technique et l’entretien.
- Soba choko Tokushichi-gama à cerises, 8 cm : une petite tasse à décor de cerises. Vérifiez l’attribution et les dimensions sur la fiche produit.
- Assiette-feuille à grives sur une branche à baies, 15 cm : une assiette en forme de feuille, ornée d’oiseaux et de baies. Consultez la fiche pour connaître les techniques documentées et l’entretien.
- Petite tasse à café hexagonale et soucoupe à fleurs, 100 ml : une tasse et une soucoupe à six côtés, dans le motif Hana-e Madori Midori.
- Service à thé Camélias indigo, théière kyusu de 410 ml et deux tasses : des camélias blancs et rouges peints sur un fond bleu ruri, présentés en coffret cadeau.
Découvrez l’ensemble de la sélection dans la collection Céramiques d’Arita et de Hasami.
Note de la rédaction : ce guide s’appuie sur les sources consacrées à l’artisanat et à l’histoire régionale indiquées ci-dessous. Les caractéristiques des produits et les attributions aux fabricants doivent être vérifiées sur chaque fiche.
Sources : Traditional Crafts Aoyama Square, HASAMI Yaki (porcelaine) · Discover Nagasaki, Le quartier de Nakaoyama dans la ville de Hasami.


